| IMAGINATION
FORMELLE DE MARTINAND La notion de forme simpose avec une telle acuité à la même conscience humaine que lon éprouve infiniment de peine à la définir et ,en même temps ,à limaginer hors des exemples naturels. Cest pourquoi luvre de Martinand,réunie à lHôtel de Ville de Villeurbanne présente un intérêt singulier.Non seulement on découvre là des sculptures à part entière,mais on peut suivre la démarche dun artiste dont lintelligence et la sensibilité lui permettent dinventer des propositions formelles inédites. Un des mérites essentiels de Martinand consiste à ne jamais séparer la forme du matériau dont elle est issue. De là les deux options de lartiste : celle où le bois sert de véhicule à son discours,celle où il interpelle lacier. La masse des troncs darbres sortis de la terre nourricière aide Martinand dans son action créatrice. On voit comment le frêne et le châtaignier privilégiés affirment la densité de la matière et soulignent la diversité des manifestations formelles.Lintégrité de la forme naturelle est respectée. Au -delà de cette vérité organique, Martinand trouve, dans lattache des branches ,lélan des racines, les facteurs nécessaires à lancer son imagination créatrice. Lorsque Martinand fait appel à lacier, le propos se veut différent.Il importe peu de conserver la pesanteur de la matière mais dutiliser celle-ci pour faire un pas de plus en sculpture et montrer la diversité de lexpression. A cet instant, on voit comment ,lentement mais avec une sûreté à nos yeux très vive,lartiste séloigne des pièces aux éléments serrés ou recroquevillés répondant à un ordre horizontal pour accéder à une série très récente où lacier galvanisé impose des formes verticales. Art debout, celui de Martinand souligne comment les facteurs de ses pièces sélancent vers la lumière ou du moins participent à toutes les combinaisons du clair-obscur. Dans " Virgine Annunziata ",la sculpture à notre avis, la plus aboutie de celles exposées à Villeurbanne,le sculpteur prend son élan,les " creux " multipliés dans sa pièce, permettent à lespace et à la lumière de métamorphoser son ensemble.En même temps tous les vides créent à leur tour une sculpture vivante, laissée en pointillé sur luvre aboutie. Martinand ainsi simpose. Sans littérature,avec une sorte de frénésie baroque,découverte dans ses dessins et ses collages ,il impose un art différent. Il dit avec un lyrisme,digne de notre temps ce que doivent être nos cités futures,lorsquelles auront des monuments réalisés par Martinand et ses semblables. René DEROUDILLE Lyon- Matin 30-12-1980 René Deroudille ,critique dart. Président dès 1973 des critiques lyonnais. A constitué " un groupe de pression efficace en faveur des arts plastiques ".
|
|