| POÈME 1 dans lépaisseur mauve des terres disjointes où la trace perd couleur où sannulent piste et courses dérisoires il a fallu chercher parmi les signes improbables quel rite conviendrait à ce cheminement alors que nous marchons sans repères et sans rythme à quel moment saurons-nous lun à lautre glisser la parole décelée sous lécorce dans le silence des fûts après lentaille et la blessure daubier ? 2 comme un cheval dont la course au fil de lombre sefface et force le regard à se tendre tu longes la douve guettes la pierre ouverte où pointera le trait ton amble suit leau des carpes où déjà se tissent une mémoire et sous la vase à fleur de roc le signe fragile du passage 3 et tout ce beau silence dont nous naurons rien fait de plus quun adieu maladroit le monde ici nen finit pas de sachever de se diluer il recompose toute substance et la conduit à se fondre en sa propre matière incertaine improbable cest un champ de gravats que ne pousse à verdir ni la graine oubliée ni la terre à son tour effacée 4 tu sais que le monde se dilue en un point hors de cette ligne où tu inscris ta lutte patiemment sans rupture dans ta marche serrée contre le temps tu avances tu aménages ce carré précaire où marquer NON dun bout à lautre et que toute main nest pas complice de renoncer à vivre 5 et puis ça naura plus marché le mode aura cessé dagir plus rien sous la peau naura gonflé seule épaisseur tiède sous la main le sang glissé du cur et le tien les rails de la nuit saccadée auront mené vers dautres lieux encombrés de mémoire inutile que savons-nous encore de ce trait passe daile aussi légère que rien naura soufflé sur nous ? une écorchure tout au plus la nôtre sur un calicot froissé François-Noël SIMONEAU Enseigne
lallemand en France ou le français à létranger
puis les langues et la littérature scandinaves à luniversité
de Lyon 2. |
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